Le Convento Santa Teresa de Potosi

Le plus grand intérêt que Sandra a trouvé à Potosi est la visite du couvent de Santa Teresa qui date du XVIIe siècle et fut créé, sous la direction de Mère Josefa de Jésus Maria, par un groupe de religieuses carmélites originaires de Sucre. Nous n’avons malheureusement pas pu prendre de photos à l’intérieur mais nous allons par contre prendre le temps de vous expliquer ce que nous avons vu et appris.

Les couvents avaient bonne presse en Amérique du sud durant l’époque coloniale. Pas seulement en Bolivie, mais aussi au Pérou – Mario Vargas Llosa inclut même l’histoire de l’une de ses grand tantes qui fut envoyée dans un couvent réputé du Pérou dans son ‘Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine’. Celui de Potosi que nous avons visité abritait l’ordre des Carmélites. Le Carmel suit la règle contemplative c’est-à-dire voué à la recherche de dieu, dont la vie est intégralement orientée vers la prière, sans apostolat extérieur.

Le premier carmel fut fondé en 1463, les carmélites devaient poursuivre une  vie monastique : observer un certain silence, se livrer au jeûne et à la prière. Au 16ème siècle la vie des Carmelites se durcissa, elles devaient nottament dormir sur des paillasses, porter des sandales de cuir ou de bois et consacrer huit mois par an aux rigueurs du jeûne.
Construit entre 1685 et 1692, le couvent de Sainte Thérèse coûta l’équivalent de 2000 pièces d’or! Il est très bien conservé et aujourd’hui encore des religieuses y vivent mais les règles de vie s’y sont adoucies.

Nous allons vous raconter la vie que les anciennes Carmelites ont eu dans ce couvent au 17ème siècle.

Seules des jeunes filles pouvaient entrer au couvent Santa Teresa, elles le faisaient en général entre 15 et 17 ans. Rarement volontaires il s’agissait bien souvent de la deuxième fille d’une famille bourgeoise souhaitant s’élever socialement( la première fille, elle, était mariée). En entrant elle perdait son état civil pour un nom de religieuse qui lui était donné. Une véritable renaissance.

Toutes vêtues du meme habit, ou presque, la différence de milieu social n’en était pas pour autant abolie. En effet les filles de familles bourgeoises qui faisaient don à l’église d’une forte dot portaient un voile noir et étaient au nombre de 21 ; on ne retrouve d’ailleurs que 21 prie-dieu dans la chapelle principale. Celles-ci entraient souvent au couvent avec leurs domestiques, de jeunes indigènes, qui continuaient à les servir et ne portaient pas de voile. Les plus fortunées pouvaient obtenir une chapelle privée au couvent. Les religieuses au voile blanc représentaient un ordre intermédiaire. Elles rentraient grâce au don d’une famille plus fortunée que la leur.

En devenant carmélites les jeunes filles perdaient tout attribut féminin. Leur cheveux étaient rasés afin d’en faire des perruques pour les différentes statues de la Vierge Marie du couvent ; le miroir pour empêcher toute vanité étaient interdit.

Leurs journées étaient rythmées en fonction du rôle de chacune. Levées a 5h du matin pour la première prière, elles continuaient leur journée entre confections de robe, préparation du repas, temps de méditation et culture du potager. Les servantes s’occupaient des tâches subalternes.

Lorsqu’une jeune fille entrait au couvent elle n’en ressortait plus, pas même après sa mort puisqu’une salle faisant office de cimetière était prévue à cet effet, salle contiguë à l’église afin qu’elles puissent  » tout de même » assister à la messe!
Lorsau’elles étaient souffrantes, le medecin se déplaçait directement dans le couvent, la malade devait alors entièrement se vêtir, seule la partie inférieure de son visage était découvert, comme lorqu’elles recevaient l’ostie de la messe.

Les pensionnaires pouvaient recevoir de la visite, à raison d’ une heure par mois. Les règles étaient strictes : la pensionnaire se rendait à un parloir, duquel il n était possible de voir le visiteur, accompagnée d’une autre religieuse qui vérifiait la teneur de l échange. En effet les Carmelites se devaient d’être coupées du monde et ne devaient pas savoir ce qu’il se passait à l’extérieur.

L’église, qui se trouvait direçtement dans le couvent recevait le dimanche des visiteurs pour la messe, en aucun cas les religieuses ne pouvaient être vue, elles restaient dans une pièce a l écart, la fameuse pièce qui leur servait de cimetière.

Leurs chambre, ne possédaient comme mobilier que paillasse, bible et croix. Leur taille était approximativement de 4m2.
Les couloirs et chapelles étaient quant à eux très richement fournis. Dans le seul couvent de Potosí étaient entreposés plus de 300 tableaux sur la vie du Christ ou de saintes. Ces tableaux étaient des répliques de tableaux européens réalisées par des indigènes, qui n’avaient pas le droit de signer leurs oeuvres.

Il est difficile de savoir exactement combien de jeunes filles furent exactement envoyées dans ce couvent, mais il semble bien que contrairement à aujourd’hui, elles n’y entraient pas volontairement… Il n’existe aucun registre relatant les histoires de fugue ou de fuite réussie de ces Carmélites…

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2 commentaires pour Le Convento Santa Teresa de Potosi

  1. Romain dit :

    Ca me glace le sang…

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